Des oiseaux à toutes les saisons

 

De nombreux oiseaux fréquentent le littoral pour s’y nourrir ou s’y reposer, leurs passages étant rythmés sur les cycles des marées, de l’alternance jour/nuit ou bien encore des saisons. Certaines espèces exploitent plus particulièrement les laisses de mer pour y chercher leurs proies, voire pour y nicher.

 

Les limicoles, littéralement oiseaux « qui habitent la vase, la boue », caractérisés par des pattes et un bec plus ou moins long, sont particulièrement nombreux à venir s'y nourrir. Lors de leurs haltes migratoires, cette nourriture est essentielle: grâce à ces apports alimentaires, ils peuvent se constituer des réserves de graisse afin de poursuivre leur voyage dans de bonnes conditions.

 

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D’autres limicoles, par contre, ont l’habitude de rester l’hiver sur les côtes du département de la Manche. S’ils suivent la marée descendante pour sonder le sable et trouver vers, petits crustacés ou mollusques, certains ne négligent pas pour autant la petite faune du haut de plage. A la fin de l’hiver, ils regagnent des contrées nordiques tels le Groëland, la Scandinavie et/ou la Sibérie pour nicher, le plus souvent dans la toundra ou le long des côtes.

Des passereaux, fréquentant plutôt des milieux terrestres, viennent inspecter les algues échouées, toujours riches en insectes et autres arthropodes : bergeronnettes grises ou de yarell, hirondelles, pipits... Ceux-ci, de la même famille que les bergeronnettes, viennent également se nourrir sur les algues mortes. Ce sont des passereaux à longue queue et à longs doigts munis de grands ongles préférant les espaces ouverts et vivant principalement au sol.

Parfois, les laisses de mer réservent quelques surprises ornithologiques surtout lors de période froides.  Des passereaux nordiques tels la linotte à bec jaune, le bruant des neiges descendent jusque sur les côtes manchoises pour quelques jours.

 

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Un lieu de nidification surprenant !

 

Comment imaginer que les laisses de mer, milieux soumis au vent, aux marées, a priori sans caches, puissent être choisies pour y construire un nid et élever ses petits ?

Pourtant, quelques limicoles utilisent cet habitat littoral pour perpétuer leur espèce avec des résultats variables toutefois, les causes d’échecs liées aux activités humaines s’ajoutant souvent à des causes naturelles.

 

Parmi ces limicoles, on trouve trois espèces de gravelots : le Petit gravelot, le Grand gravelot et surtout le Gravelot à collier interrompu. Ces espèces sont toutes menacées en Normandie et protégées en France.

Aussi, face à ces vulnérabilités, ils font l’objet de recensement, d’études, et de plans régionaux d’actions réalisés par le Groupe Ornithologique Normand.

Le gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus) la plus emblématique des espèces de gravelots pour le département de la Manche 

 

Cet oiseau revient d’Afrique ou d’Europe du Sud à partir du mois de mars pour nicher. En France,  il est strictement  inféodé au littoral.

Le mâle installe le nid sur différents types de côtes basses avec une prédilection pour les plages sableuses comprenant une laisse de mer. Simplement creusé dans le sédiment, parfois aménagé avec quelques coquillages, la femelle y pond 2 à 3 œufs beige foncé tachetés de bruns. L’homochromie des œufs (et des adultes) avec le milieu, est la défense principale contre les prédateurs, corneilles en premier.

 

Les parents se relaient durant 26 jours pour couver puis après l’éclosion, le mâle se charge de la surveillance des poussins qui sont eux aussi munis d’une tenue de camouflage. La femelle conduira une seconde couvée avec un autre mâle.

 

Nidifuges, les oisillons sont dès leur 1ère journée capable de s‘alimenter, les laisses de mer offrant un couvert de proximité de premier choix. Parfois, la famille se déplace sur un secteur plus favorable, jusqu’à 2km du nid ! L’adulte est auprès d’eux pour les surveiller, les réchauffer et les guider. Ils s’envolent au bout de 30 jours, voire un peu plus, et deviennent indépendants quelques jours après.

Après la nidification…

Dès fin juin et de plus en plus jusqu’à fin août, des groupes de gravelots à collier interrompu qui ne sont plus impliqués dans la reproduction restent en bandes sur le littoral Manchois. On les aperçoit aussi à la limite de l’eau, sondant le sable pour y dénicher des vers ou petits crustacés, puis courant si vite qu’à l’œil nu, ils donnent l’impression d’une petite boule de pingpong roulant  sur le sable…

Fin septembre, ils sont quasiment tous repartis vers des contrées plus chaudes, quelques rares individus hivernant.

Un taux de succès de la nidification  faible

 

Cependant, le succès reproducteur des nids (au moins 1 jeune à l’éclosion) n’atteint généralement pas les 20% selon les secteurs. Et une fois nés, les poussins courent encore de nombreux dangers. Alors, face à ces échecs, il y a souvent une ponte de remplacement.

Des causes d'échecs nombreuses

Actuellement, parmi les causes d’échec identifiées, la submersion par les marées et les tempêtes est la plus importante. Cette cause ayant fortement augmenté depuis les années 2000, il est possible que le niveau des plages par rapport au niveau marin ait baissé.

Viennent ensuite la prédation (par les corneilles et la mouette rieuse surtout) et les activités humaines : dérangement, piétinement.

Aussi, face à ces vulnérabilités, ils font l’objet de recensement, d’études, et de plans régionaux d’actions réalisés par le Groupe Ornithologique Normand.

Espèce protégée, la population de gravelots à collier interrompu dans la Manche était estimé à environ 200 couples en 2018.

 

L’espèce est inscrite sur la liste rouge Bas-Normande.

Carte établié par le Groupe Ornithologique Normand

Comment agir pour préserver les gravelots nicheurs ? 

1 - Les hauts de plage  sont susceptibles d’accueillir des nids et poussins d’avril à fin août, autour de deux pics de ponte, l’un début mai, l’autre début juin. Même avec une paire de jumelles et un œil averti, ils sont très difficiles à repérer. Aussi, durant toute cette période, évitons de nous promener ou de collecter les déchets sur les hauts de plages en secteur naturel, ne laissons pas les chiens y divaguer, et gardons les en laisse. Restons sur les zones de sable mouillé.

 

2 -Pour tenter d’éloigner un danger potentiel, les adultes simulent une aile cassée et émettent de petits cris  en s’éloignant du nid ou du poussin : face à ce comportement, il faut immédiatement s’éloigner de l’endroit en allant vers le bas de la plage : l’adulte reviendra alors protéger son nid ou ses petits.

 

3- Respectons certains enclos disposés sur les plages.

 

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