Une vie cachée mais indispensable !

 

Les laisses de mer constituent un habitat très particulier pour les arthropodes qui y vivent (insectes, araignées, petits crustacés…) : elles apportent de l’humidité et de la fraîcheur dans un milieu sableux ou caillouteux qui sèche très vite et dont les températures peuvent varier fortement.

Mais ce sont les laisses semi-décomposées avec une surface sèche et un coeur en décomposition (ou commentaire sous la photo), ou celles enfouies sur la zone la plus haute de la plage, datant des marées d’équinoxe (sous la photo) qui accueillent le plus d’espèces, et non pas  celles fraîchement déposées sur le bas de plage.

Laisse de mer semi-enfouie

Les petits animaux qui y vivent ont développé diverses adaptations : pattes fouisseuses, ailes atrophiées, déplacement par saut… La colonisation de nouveaux milieux leur est difficile, d’où l’importance de garder autant que possible une frange continue de laisses de mer sur la plage.

Une grande partie d'entre eux participe, en amont des bactéries, à la décomposition des algues et autres animaux morts des laisses de mer  tandis que d’autres sont de redoutables prédateurs à leur échelle.

Une diversité et une quantité surprenantes !

 

Sur une surface de 0,25 m2 de laisses de mer, on a compté jusqu’à 4250 petites bêtes, toutes espèces confondues, la moyenne se situant autour de 2180 individus pour une laisse semi-décomposée et 640 pour une laisse semi-enfouie ! Mais pas de panique : rares sont celles qui dépassent 1 ou 2 mm !

70 espèces ont été recensées dans les laisses de la côte ouest de la Manche !

Parmi elles,

  • 20% ne vivent que dans les laisses de mer et 6% de façon préférentielle

  • 28 % sont exclusives ou préférentielles à la dune

  • 46% sont ubiquistes ou venues accidentellement sur les laisses de mer

D'après une  étude réalisée par le GRETIA  sur la côte des Isles – 2003

 

Talitre sauteur ou Puce de mer  (Talitrus saltator)

Ce petit crustacé est le plus connu des estivants : dérangé, il vous saute sur les pieds mais pas de souci : il ne pique pas, son surnom de puce est simplement lié à sa façon de se déplacer.

En journée, pour se protéger de la chaleur et de la déshydratation, il s’enfonce dans le sable à moins de 15 cm. Il sort au crépuscule et se nourrit la nuit,  principalement des algues brunes échouées.

Il fuit la marée montante et peut se déplacer par bonds jusqu’à 200m par nuit !

Portraits de quelques espèces spécialistes des laisses de mer

En hiver, il entre en hibernation en s’enfouissant plus profondément dans le sable.  Au printemps et en été, il est possible d’observer des femelles portant 10 à 25 œufs sous leur ventre : en 8 à 20 jours, de petits talitres en sortiront, sans passer par une phase larvaire puis ils vivront au maximum 2 ans.

Cloporte blanc (Armadillidium album )

Ce petit crustacé (6 mm), assez difficile à observer, se nourrit préférentiellement de bois flotté. Dérangé, il s’enroule sur lui-même. Il est capable de rester immergé plusieurs jours sur du bois flotté afin de coloniser de nouvelles plages.

Mouche Coelopia

Ce moucheron (5 à 6 mm) est bien un diptère adulte avec ses ailes. C’est sa larve, un minuscule asticot, qui se nourrit des algues mortes. Cette espèce a un cycle biologique calqué sur le cycle des marées, avec un développement de l’œuf à l’adulte sur un mois. Ainsi, à chaque dépôt mensuel d’algues lors d’une grande marée, les adultes émergeant peuvent y pondre à nouveau et perpétuer ainsi l’espèce.

Une opération mise en oeuvre par

1924462_305833202875103_1474111211_n.jpg

Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement du Cotentin

BP 42 - 30 rue de l'hippodrome

50430 Lessay

02.33.46.37.36

www.cpiecotentin.com

Avec le soutien de

© 2020 by Plages Vivantes - Un site du CPIE Cotentin. Créé  avec Wix.com